1700-1750 : Les origines connues du chalet

La mappe sarde

Le duc Victor-Amédée II de Savoie obtient en 1713 la libération des États de Savoie. La Savoie est alors rattachée au Piemont-sardaigne. Le nouveau roi entreprend l’établissement d’un cadastre précis pour définir les droits de propriétés, d’héritage et surtout pour élargir l’assiette des taxes et des impôts qu’il va lever. Des équipes de géomètres et d’arpenteurs, très bien organisées, vont sillonner la région et cartographier l’ensemble du nouveau duché en seulement 10 ans (une prouesse pour l’époque…). Ces documents sont connus dans les archives de Savoie sous le nom de « Mappes Sardes » et disponible en ligne ici

Cet état des lieux nous permet de certifier la présence d’une maison en lieu et place du chalet en 1730 (date du passage des cartographes dans la vallée d’abondance)

Sur ces documents, on voit apparaitre le nom de Claude Perroud « feu claude » comme propriétaire de la maison identifié au numéro 4052.

Sur la première image :
– en rouge :le chalet
– en orange, la maison folliet
– en vert, le cloitre

Plusieurs remarques sur ce plan :

1/ Le chalet est a l’époque, une des seules maisons non explicitement propriété de l’abbaye
2/ Au « chalet », sont associés de nombreuses parcelles de pâturages
3/ A la place de l’actuel maison de « Besson », on voit apparaître celle du notaire de l’époque, Mr Folliet mais nous y reviendrons plus tard…

Linteau en pierre gravé de 1741

Le linteau de la porte du jardin porte la date de 1741. Louis XV aurait donc pu venir aux « Eaux Vives » !!!

Linteau de l'entrée

Plus de photos des linteaux :

Le linteau de 1741 porte, dans sa partie gauche, les mentions F.P qui correspond vraisemblablement à un « Fait Par » ou « fait pour ». Cette mention se retrouve sur d’autres linteaux de cet époque.
Le M de droite pourrait être une référence à la famille Maulaz, très présente dans la vallée. Nous n’avons pas de traces de la transmission Perroud-Maulaz (s’il y a eu et si l’hypothèse du M est correcte…). La croix, référence chrétienne par excellence, laisse penser à un hypothétique lien avec l’abbaye.

Les fresques du 2ème étage

Vous verrez des fresques anciennes au second étage. Elles ont été
examinées en 2013 par l’experte en
charge de la rénovation des fresques de
l’abbaye qui les a jugées «de la même époque » que certaines fresques du XVIIIe siècle.

1800-1900 : La fin de l’abbaye

L’abbaye est fermée en 1761, puis vendu comme bien national en 1795. Les bâtiments de l’abbaye sont rachetés en 1835. Il n’existe que peu d’écrits sur le chalet à cet époque.

Le dernier propriétaire connu est un certain « Charles andré Folliet » en 1852. Il est très probablement le fils de Joseph-Marie Barnabé Folliet (dit Barnabé Folliet). Ces 2 personnes ont été maires d’abondance, le premier en 1863 et le second en 1812.
Charles André Folliet meure en 1885. Quelques documents dans les archives mentionnent les Folliet :

Il n’existe pas, pour l’instant, de traces précises de la date de la transmission de Perroud (ou Maulaz) vers les Folliet.

La présence de « Folliet » sur la commune d’abondance remonte jusqu’au 16eme siècle. Cette famille de notaire de père en fils est très influente sur la commune.

Le linteau de la porte principale (1845) porte les mentions IHS (Jesus Hominem Salvator) dans sa partie centrale et la mention JhF qui semble faire référence à un Joseph ‘Henry’ Folliet. Cela pourrait correspondre au propriétaire de l’époque (corroboré par la généalogie)

1900-1950 : Le temps des colonies

Les premières photos du chalet

Des extraits de cartes postales datées entre 1905 et 1915 permette d’avoir une idée de la situation du chalet au début du XXème siècle :

Les premières photos du chalet

La date de la transformation du chalet en colonie est connue.
Les actes de ventes témoignent de la cession du chalet et des terrains par l’Abbé THINOT à Madame LARTILLEUX en 1919 afin d’en faire une « colonie ou autre œuvre similaire ».

Cette ambition sera reprise par un réseau de jeunes associatifs, sous le nom « PMI », engagés dans le mouvement des patronages à Paris et sa banlieue. L’été, on organise donc des colos pour les enfants défavorisés.

1970-2010 : Les Eaux vives

L’appellation « Les Eaux Vives » date de 1971.
Ce renouveau apparait à Pâques 1970 avec le passage de témoin, par la « PMI » à Michel Prat, aumônier de la faculté de Jussieu à Paris. Une association est créée pour assurer la gestion du chalet. Michel et quelques hardis étudiantes et étudiants entreprennent la rénovation du chalet avec cette double intuition d’apprendre à vivre ensemble et de partager le travail manuel.

Dès le début des travaux, le linteau de l’actuelle porte d’entrée est orné de l’inscription « Les eaux vives » et du poisson (symbole des premiers chrétiens) orange encore visible.

 

D’autres photos. On reconnait notamment Michel Prat à la porte du chalet